Séminaire Anthropo-Lab : Belles promesses, petites lois ? Ce que les États font vraiment de leurs engagements face aux catastrophes

Séminaire Anthropo-Lab : Belles promesses, petites lois ? Ce que les États font vraiment de leurs engagements face aux catastrophes
Date : jeudi 10 décembre 2026
Horaires : 10h30 – 12h
Intervenant(e) : Clara EGGER Professeure assistante (Assistant Professor) – Global Governance – Team Policy Politics and Society d’administration publique et de sociologie, Erasmus School of Social and Behavioural Sciences, Université Érasme de Rotterdam
Clara Egger est professeure assistante à l’Erasmus School of Social and Behavioural Sciences (Université Érasme de Rotterdam). Elle coordonne le projet Horizon Europe TWIN4DEM (GA no.: 101178061), qui réunit un consortium européen autour du développement de jumeaux numériques des institutions démocratiques, des outils de simulation permettant d’anticiper les effets des réformes institutionnelles sur la résilience démocratique. Ses recherches portent sur la gouvernance des crises, l’économie politique de l’humanitaire et du développement, les processus de (dé) démocratisation. Elle développe des méthodes computationnelles, notamment fondées sur les grands modèles de langage (LLM), pour analyser à grande échelle des textes juridiques et politiques. Elle est directrice de publication de la revue Alternatives Humanitaires et membre du conseil d’administration de Democracy International e.V.
- Profil complet : dr. CM (Clara) Egger | Erasmus University Rotterdam
- TWIM4DEM : Home – twin4dem.eu
Inondations, séismes, canicules : les catastrophes se multiplient et leurs coûts explosent. Les États le savent et ont presque tous signé, en 2015, le Cadre de Sendai, promettant d’agir davantage pour réduire les risques de catastrophes et de les gérer de manière plus inclusive. Belle promesse. Mais signer un accord international coûte peu : réécrire ses lois, désigner des responsables, débloquer des budgets et donner des droits aux populations exposées, c’est une autre affaire.
Alors, qui tient parole ? Pendant longtemps, impossible de répondre : il aurait fallu lire, une à une, des centaines de lois rédigées dans des dizaines de langues et de traditions juridiques. Le projet DisLeX, financé par le NWO (Conseil néerlandais de la recherche), confie cette lecture à des grands modèles de langage. Résultat : une radiographie mondiale de ce que les lois sur les catastrophes disent vraiment, confrontée aux standards juridiques que la Croix-Rouge internationale a définis pour traduire Sendai en règles concrètes.
Ce que cette radiographie révèle est un portrait des États en élèves stratégiques : prompts à adopter ce qui est visible et bon marché (une agence, un plan d’urgence), beaucoup plus réticents dès qu’il s’agit de droits, de financement ou de rendre des comptes. Les normes voyagent, mais elles arrivent rarement intactes : elles sont copiées, adaptées, parfois vidées de leur substance, et se diffusent souvent entre voisins plutôt que depuis les Nations unies.
Pourquoi l’écart entre ce qu’on promet et ce qu’on fait est-il si systématique ? Et, en filigrane : que change l’essor de l’intelligence artificielle pour la recherche en sciences sociales ?


