À l’heure où les systèmes représentatifs sont confrontés à une délégitimation croissante, marquée à la fois par un nombre record de reculs démocratiques et, en réaction, par la multiplication d’expérimentations de nouveaux modes de gouvernance, la Chaire en démocraties directes comparées s’inscrit comme la première chaire européenne spécifiquement dédiée à cette forme particulière de gouvernance qu’est la démocratie directe.
La démocratie directe, au sens large, fait référence à toutes les institutions qui permettent à tous les citoyens d’initier ou voter directement de lois. Toutefois, cette définition est parfois un peu trop large, et la chaire se concentre particulièrement sur ces institutions qui donnent au citoyens le droit d’initiative législative et de veto sur les lois.
La démocratie directe à l’épreuve des contextes nationaux : vers une approche comparative
La démocratie directe bénéficie d’une longue histoire et d’un retour d’expérience particulièrement solide, avec une pratique institutionnalisée depuis plus d’un siècle en Suisse et dans plusieurs États américains. De nombreux effets de ce système politique sont désormais bien documentés, mais reposent encore largement sur l’analyse de ces deux cas. Or, au cours des dernières décennies, de nombreux autres pays, sur presque tous les continents, ont introduit des institutions de législation directe, tant au niveau national que local. La chaire a pour ambition de produire des retours d’expérience issus de ces contextes encore peu étudiés, et de développer une recherche innovante et comparative dans ce domaine.
En collaboration avec l’ONG Democracy International et la Swiss Democracy Foundation, la chaire assure la reprise, l’enrichissement et la diffusion de la base de données Navigator for Direct Democracy, qui recense l’ensemble des institutions de démocratie directe à travers le monde.
Si les effets généraux des institutions de démocratie directe — notamment en termes de légitimité et d’efficacité des politiques publiques — sont relativement bien identifiés, l’impact spécifique du design institutionnel demeure largement méconnu, dans la mesure où les analyses existantes se concentrent essentiellement sur les modèles suisse et américain. À travers une approche résolument comparative, la chaire vise à identifier les effets différenciés de la démocratie directe selon les configurations institutionnelles mises en place.
Au cœur de la démocratie directe : recherche, réseau et innovation démocratique
La Chaire de démocratie directe comparée est actuellement soutenue par l’Université catholique de Lille, Democracy International et la Swiss Democracy Foundation. Elle a pour mission de produire, diffuser et promouvoir la recherche sur la démocratie directe, et ambitionne de renforcer la position du consortium comme centre de référence en matière d’expertise et de recherche appliquée dans l’analyse comparative des institutions de démocratie directe.
La chaire est directement impliquée dans :
- l’hébergement du Direct Democracy Navigator, incluant son développement, son exploitation et sa diffusion au sein des communautés académiques ;
- le développement de recherches théoriques et empiriques sur la démocratie directe ;
- l’obtention de financements de recherche externes destinés à soutenir des projets liés à la démocratie directe ;
- la facilitation de la mise en place d’un réseau mondial de chercheurs spécialisés en démocratie directe ;
- la co-organisation d’une école d’été annuelle consacrée à l’amélioration des pratiques démocratiques ;
- l’organisation annuelle d’ateliers et d’un panel dans le cadre du Global Forum on Modern Direct Democracy ;
- sous réserve de financements, la contribution à un rapport annuel sur l’état de la démocratie directe dans le monde ;
- la publication d’entretiens et de podcasts consacrés aux principaux événements et enjeux de la démocratie directe.