Créer des connaissances pour réinventer le business et agir en faveur du bien commun
Fondée à Lille voici 120 ans, l’EDHEC Business School est aujourd’hui un acteur important de l’enseignement supérieur, avec 10 000 étudiants, encadrés par 210 professeurs et chercheurs, et 65 000 alumni présents dans 140 pays.
L’EDHEC appartient au TOP 10 des Business schools européennes.
Ses activités de recherche sont en croissance et mobilisent 20% des ressources de l’École.
La stratégie Génération 2050
Pour Michael ANTIOCO, Doyen du corps professoral et de la recherche, les travaux de recherche de l’École doivent aider les entreprises à transformer la complexité systémique en décisions responsables et créatrices de valeur. Et à réorienter progressivement leur business en faveur du bien commun.
« Aider les entreprises à transformer la complexité en décisions responsables »
Il précise : « Le plan stratégique 2024 – 2028 de l’ÉDHEC s’intitule Génération 2050 car l’École veut se positionner volontairement et avec optimisme sur le long terme. En prenant en compte les bouleversements économiques, sanitaires, environnementaux et géopolitiques qui se sont produits depuis 2020 dans le monde. Et en incitant à placer le business au service de la société et du bien commun ».
Favoriser l’émergence d’entreprises Net Positives
La création des connaissances est au cœur du modèle de la recherche à l’EDHEC.
Forte de son expertise scientifique historique dans le domaine de la gestion du risque et des marchés financiers, l’EDHEC est aujourd’hui légitime pour analyser la complexité des systèmes économiques, organisationnels et sociétaux contemporains, pour éclairer les décisions et les opportunités à prendre.
Pour Michael ANTIOCO, « en cherchant à mettre l’économie au service de la société, l’EDHEC s’est donné trois priorités :
- favoriser l’émergence d’entreprises « Net positives » centrées sur l’entrepreneuriat responsable et l’innovation et faire grandir les quelque 70 startups que l’École accompagne chaque année ;
« Accélérer les finances du climat »
- accélérer les finances du climat, placer les finances responsables et la gestion des actifs au service de la lutte contre le changement climatique ;
- et former tous nos étudiants pour leur donner la capacité de transformer les organisations.
Pour atteindre ces objectifs prioritaires, nous devons viser l’excellence académique, un usage raisonné et responsable de l’IA, l’ouverture sociale et agir pleinement comme une marque mondiale, capable d’identifier et de saisir les opportunités qui soutiennent nos ambitions ».
Les quatre axes scientifiques stratégiques
Quatre axes scientifiques stratégiques structurent la recherche de l’EDHEC sur le long terme. Ils orientent les travaux des chercheurs et nourrissent, plus largement, les réflexions et les actions de l’École.
Risques financiers, marchés financiers et création de valeur durable. Les enseignants-chercheurs étudient le fonctionnement des marchés financiers, la gestion des risques et les décisions financières des entreprises. Leurs travaux portent également sur la fintech et les nouvelles approches de la finance pour concilier performance et création de valeur durable.
Transitions durables et impact sociétal. Comment les entreprises et la société peuvent-elles répondre aux défis climatiques et environnementaux ? Les recherches explorent les transitions durables, la résilience, les évolutions réglementaires et les modèles permettant de générer un impact positif pour la société et l’environnement.
« Mieux comprendre les dynamiques humaines au travail »
Transformation des organisations et innovation stratégique. Les chercheurs analysent la manière dont la technologie, la data et l’intelligence artificielle transforment les entreprises. Ils étudient également l’innovation, l’entrepreneuriat et la façon dont les organisations font évoluer leurs stratégies, leurs modèles et leurs modes de fonctionnement.
Prise de décision, leadership et travail. Les recherches s’intéressent aux comportements humains et à la manière dont nous décidons, travaillons et collaborons. Leadership, fonctionnement des équipes, inclusion, gouvernance et bien-être sont au cœur de cet axe pour mieux comprendre les dynamiques humaines au travail.
Les publications scientifiques de l’EDHEC s’inscrivent pour plus de 80% d’entre elles dans ces quatre axes mais l’École veille à susciter l’émergence de nouveaux talents en labellisant chaque année des plans de recherche individuelle.
Évaluer les performances et l’impact de la recherche
« Comment évaluer les investissements et la performance de nos travaux de recherche ? questionne Michael ANTIOCO. L’excellence scientifique se mesure en partie par le nombre des publications acceptées dans les revues académiques et par leur classement. Mais elle s’apprécie aussi à travers la pertinence des travaux, leur impact et leur capacité à faire avancer la connaissance et les pratiques ».
Sur les 100 articles académiques publiés en 2024/2025, 21 étaient classés au Financial Times, avec des travaux portant notamment sur la finance responsable et climatique, sur les enjeux de gouvernance et de prise de décision éthique.
En moyenne chaque publication EDHEC vaut aujourd’hui un peu plus de 3 étoiles au classement FNEGE/ABS contre 1,9 étoiles il y a 5 ans.
« 55 % des publications concernent le développement durable et la responsabilité sociétale »
En 2020 les problématiques de développement durable et de responsabilité sociétale concernaient environ 10% des publications de l’EDHEC : aujourd’hui 55% des publications relèvent de ces thématiques.
Le financement et la valorisation industrielle de la recherche
Les investissements de recherche mobilisent de plus en plus de ressources. Il faut financer les programmes et les chaires, recruter de nouveaux enseignants-chercheurs, alimenter le Fonds de création de startups, aménager de nouveaux espaces dans les campus. L’EDHEC investit ainsi 270 M€ sur la période 2024 à 2028. Comment les financer ?
« Les contrats de recherche noués avec les entreprises contribuent aux cotés d’autres sources de financement à soutenir cette dynamique, confirme Michel ANTIOCO.
« Les apports financiers et la réussite de deux Spin-off »
Nous pouvons d’autre part nous appuyer sur un modèle particulièrement singulier de valorisation de la recherche, capable de transformer l’excellence scientifique en valeur économique et de générer de nouvelles ressources pour l’École, grâce à EDHEC Foundation et son Fonds de dotation.
Il faut rappeler la réussite du Spin-off Scientific Beta cédé à la Bourse de Singapour en 2020. Et plus récemment la cession, à PEI Group, du Spin-off Scientific Infra & Private Assets, spécialisé dans la mesure de la performance et de l’impact des investissements en infrastructures.
Nous avons prévu également un recours plus important au mécénat d’entreprise et à la philantropie ».
Michael ANTIOCO, un Doyen qui construit des liens entre les salles de cours, la recherche et les entreprises
Originaire de Bruxelles, issu d’une famille italo-britannique, Michael Antioco se réclame volontiers de la « nationalité européenne ».
Après un Master en Business Science à l’Université catholique de Louvain (Belgique), il poursuit avec le Doctorat en marketing à l’Université d’Eindhoven aux Pays-Bas. Son parcours académique le conduit également à l’Université de Tokyo et à Purdue University dans l’Indiana aux États-Unis.
Il est nommé enseignant-chercheur en marketing en 2006 à l’IÉSEG, rejoint emlyon business school en 2010, où il exerce en France et en Chine, puis l’EDHEC en 2013. Ses recherches portent notamment sur la connaissance client, l’innovation produit et la communication marketing, à travers des approches quantitatives.
« Culture du consensus, communication et management horizontal »
Il est nommé Doyen du corps professoral et de la recherche en 2021.
Toutes ces expériences l’ont convaincu des vertus de la culture du consensus, d’une communication directe et d’un management horizontal au sein des organisations. Elles ont renforcé sa conviction que la confiance, l’écoute et le partage de valeurs communes sont essentielles pour fédérer les équipes et avancer collectivement.
Et de la nécessité de construire en permanence des liens entre les salles de cours, les centres de recherche et les problématiques concrètes des entreprises.
Propos recueillis par Francis DEPLANCKE










