[Grand programme structurant – Recherche] Le pôle sanitaire et médico-social de l’Université

Soigner, prendre soin

Laurent Delaby a été nommé Vice-Président, Vice-Recteur de l’Université en septembre 2025, en charge du pôle sanitaire et médico-social. Formé à l’IESEG et à la Faculté de sciences économiques de la Catho, il se destinait aux métiers de la finance et de la gestion. Sur les conseils d’un enseignant et au décours de son service national effectué au Service de santé des armées, il intègre en 1990 ce que l’on appelle alors le Groupement des Hôpitaux de l’Institut catholique de Lille. Pour un parcours de contrôleur de gestion, puis de directeur de la Clinique Sainte Marie à Cambrai et de Directeur général de 2011 à 2025, dans un ensemble hospitalier en développement : 800 postes de médecins, soignants, techniciens et administratifs y ont été créés au cours de ces 15 dernières années.

Dès sa création en 1875, l’Université catholique de Lille s’est donné trois missions fondamentales : l’enseignement, la recherche, le service à la société en particulier dans le domaine de la santé. Ses deux fondateurs, Philibert VRAU et le docteur Camille FERON-VRAU, ont ainsi bâti et développé, à Lille, la Faculté libre de médecine et de pharmacie, des dispensaires pour soigner les indigents, l’hôpital pour enfants Saint-Antoine, deux maternités et des écoles de sages-femmes et d’infirmières.

Un acteur essentiel de la santé publique dans la région

150 ans plus tard, le pôle sanitaire et médico-social de l’université est devenu un acteur essentiel de la santé publique dans la métropole lilloise et dans le département du Nord. Il porte le groupe hospitalier et ses établissements : l’hôpital Saint-Philibert à Lomme, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Lille et la clinique Sainte-Marie à Cambrai. Ils assurent 100 000 hospitalisations chaque année, 270 passages aux urgences chaque jour soit 25% des urgences de la métropole lilloise, 2500 naissances chaque année dans les maternités de Lille et Cambrai.

« 25% des urgences en métropole lilloise »

Il porte également le Centre Feron-Vrau, association qui gère et anime cinq EHPAD à Lille, à Lomme-Capinghem, à Boulogne-sur-Mer et Marquise dans le Pas-de-Calais. Ainsi que des logements en ville, pour assurer le maintien à domicile de personnes vieillissantes en perte d’autonomie, et des Maisons des Aidants à Lille, Roubaix-Tourcoing et Marquise. Tout au long de l’année, 550 professionnels y accueillent et accompagnent près de 800 personnes âgées dépendantes et vulnérables. Croix, l’Institut Etienne Leclerc reçoit une centaine d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes en situation de handicap psychique. La moitié d’entre eux présentent des troubles du spectre autistique et leur accompagnement est très transversal, à la fois thérapeutique, éducatif et sociétal.

S’adapter en permanence aux besoins de santé

« Dans tous nos métiers, dans toutes nos missions, nous devons constamment et rapidement nous adapter, constate Laurent Delaby. Nous adapter aux évolutions de la santé publique et aux besoins de la population, avec la chronicisation des pathologies. On prend de plus en plus souvent en charge les patients sur la durée et non plus seulement pour un épisode. Ce qui nous a amenés à développer de véritables parcours de soins, en lien avec la médecine de ville et les structures médico-sociales, allant de la consultation et des soins à l’hôpital jusqu’au suivi des patients à leur retour à domicile ou en structures d’accueil. Le parcours de soins est, de fait, un accompagnement le plus personnalisé, efficace et humain possible ».

« Chronicisation des pathologies et vieillissement de la population »

Le vieillissement de la population et la prise en charge du grand âge sont bien entendu une autre tendance lourde, souligne Laurent Delaby, « marquée notamment par l’adaptation des soins de gériatrie et des conditions de vie en EHPAD où l’on entre de plus en plus en tard, en moyenne à 86 ans. Il nous faut prendre soin jusqu’au bout de la vie, particulièrement dans le contexte des soins palliatifs, en veillant toujours à respecter chacune des trois dimensions de la personne humaine : physique, psychologique et spirituelle ». Pour Laurent DELABY, la recherche médicale et la formation des médecins et des professionnels de santé sont indissociables du soin.

La recherche médicale garantit l’excellence due aux patients

 « Nous prenons en compte le développement des nouvelles connaissances en biologie, médecine, santé, en sciences humaines. Et nous contribuons à leur production en menant des programmes de recherche clinique portés par nos hôpitaux et la Faculté de Médecine, Maïeutique et Santé. La recherche, c’est la garantie de l’excellence due à nos patients. Nos médecins et chercheurs produisent plus de 100 publications scientifiques chaque année et sont engagés en permanence dans 300 projets et essais cliniques dont la plupart incluent des patients du Groupe Hospitalier ». Les axes prioritaires de recherche concernent la cardiologie (les valvulopathies, l’imagerie cardiaque, la rythmologie) ; l’innovation en neurosciences (la sclérose en plaques et les maladies apparentées) ; les troubles musculosquelettiques ; l’hématologie et la thérapie cellulaire ; la pédiatrie (infection, nutrition, environnement) ; la gériatrie avec des travaux sur l’anticipation des soins chez les personnes âgées en fin de vie.

L’hôpital, un terrain d’apprentissage et de formation

Le pôle sanitaire et médico-social de l’Université est un acteur à part entière de la formation des futurs médecins, sages-femmes, infirmiers, kinés et futurs professionnels de santé. Les hôpitaux, les EHPAD et les établissements accueillent en permanence 600 étudiants en stage dans les différents métiers de la santé, dont les internes en médecine. « Nous constituons le terrain d’apprentissage complémentaire des formations académiques que reçoivent les futurs professionnels, ces deux dimensions étant au cœur de la pédagogie en santé » souligne Laurent Delaby. Depuis plusieurs années on constate en France une pénurie de médecins et de certains professionnels de santé. Pourtant on n’a jamais formé autant de médecins qu’aujourd’hui. Mais il est nécessaire de former 2,5 médecins pour remplacer 1 médecin qui part à la retraite car les aspirations des plus jeunes et leurs priorités de vie ont beaucoup évolué concernant l’exercice de leur métier.

« Notre attractivité continue d’être forte »

« Dans ce contexte, l’attractivité de nos hôpitaux et de nos EHPAD continue d’être forte, estime Laurent Delaby, et nous recrutons sans trop de difficultés de jeunes médecins. Cela est dû probablement à la dimension universitaire de nos activités. À la culture de management basée sur des principes d’autonomie et de responsabilité de chaque professionnel, dans un esprit de subsidiarité. La prise de décision se fait au plus près du terrain, au plus près de ses conséquences ». Mais c’est sans doute aussi notre modèle de fonctionnement non lucratif assurant des missions d’intérêt collectif, notre volonté explicite de contribuer au bien commun notamment par l’accueil de tous, l’attention aux plus pauvres, qui peuvent susciter, chez les professionnels de la santé comme chez les patients, l’envie de nous rejoindre ».

Propos recueillis par Francis Deplancke

Laurent.delaby@univ-catholille.fr