Des recherches...


 

...de la paillasse vers le lit du malade ...
 

Depuis début 2015, l’équipe de chimie organique d’HEI a intégré une unité de recherche INSERM du CHRU de Lille. Revenons sur une intégration unique en France, source de recherches pleines d’espoir sur les maladies inflammatoires …

 

 

Les activités de recherche de l’équipe de chimie médicinale, équipe d’une dizaine de personnes dirigée par Alina Ghinet, enseignant chercheur à HEI, portent sur la synthèse et la caractérisation de molécules à visée thérapeutique, mais aussi sur le développement de la réactivité sur des agents anti-inflammatoires. Historiquement, l’équipe a aussi des activités d’expertise sur des agents anticancéreux. C’est dans le cadre de ces études que l’équipe a intégré en janvier 2015 le LIRIC (Lille Inflammation Research International Center, unité de recherche INSERM CHRU U995), dirigé par Pr Pierre Desreumaux, gastro-enterologue. Groupe de recherche créé en 2001 avec 3 chercheurs, l’unité de recherche compte actuellement plus de 150 personnes. Les recherches menées par l’unité INSERM visent les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin), et en particulier la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Ces maladies, relativement fréquentes (1 cas/1000), sont peu médiatisées. Cependant, les MICI sont évolutives vers des cancers très agressifs. Typiquement, la maladie de Crohn se déclare chez un patient âgé d’une vingtaine d’année, évolue lentement pendant 10 ans. Le risque de cancer augmente fortement lorsque le patient atteint la trentaine, à raison de + 1 % chaque année. Sans possibilité de guérir les MICI, une alternative à la chirurgie pour les traiter est la recherche de nouvelles molécules. C’est dans ce cadre que l’équipe d’HEI intervient. 

 

Différentes par leur vision et leur formation, ces deux équipes sont complémentaires dans bien des domaines et permettent d’aborder les problématiques sous un angle de recherche fondamentale. De façon schématique, les médecins amènent le problème, les cibles thérapeutiques, et les ingénieurs amènent les solutions, les nouvelles molécules. A charge ensuite aux médecins de les tester in vitro ou in vivo puis de reboucler avec les chimistes pour les améliorer, les optimiser avant qu’elles ne deviennent des médicaments.

 

Pr Pierre Desreumaux : ‘Il existe très peu de centres comme celui-ci en France. Pour un médecin c’est fabuleux de synthétiser des molécules que l’on propose ensuite au malade. Tout le monde est gagnant : médecin, chimiste et surtout le patient !’

 

Alina Ghinet : ‘c’est un schéma non classique mais tout le monde est ouvert. Tout est possible. L’objectif actuel est de trouver un successeur aux traitements actuels des MICI, qui sont uniquement symptomatiques et parfois efficaces seulement pendant quelques années.’

 

Au final, cette association entre une école d’ingénieur et des médecins est très prometteuse. Au-delà de la chimie, il existe délibérément une place pour une collaboration étroite entre les écoles d’ingénieurs et les laboratoires pour les maladies en santé humaine. Et Pr Pierre Desreumaux nous glisse quelques idées : miniaturisation, optimisation, mécanique, environnement, agriculture ….  

Anne-Christine Hladky

 

 

 

 
 
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